Confinement COVID-19 : l’après.


COVID-19 / lundi, mars 30th, 2020

Temps de lecture estimé : 9-10 min.

Pour lutter contre la propagation du coronavirus et de sa maladie, le COVID-19, le gouvernement français a demandé aux personnes de respecter les mesures et gestes barrières : tousser/éternuer dans son coude ou un mouchoir, utiliser des mouchoirs à usage unique, se laver régulièrement les mains, éviter les embrassades (se serrer la main etc…), respecter une distance sociale de 1m , privilégier le télé-travail, poursuivre l’éducation des enfants à domicile grâce à un enseignement à distance …
Ces décisions ayant été trop peu respectées et n’ayant pas eu suffisamment d’impact, nous sommes entrés depuis le mardi 17 mars à midi en confinement total. D’abord annoncé pour 15 jours, ce confinement est depuis régulièrement prolongé (sa fin est actuellement programmée pour le 15 avril).

Qu’est-ce que ça implique concrètement ? Que sauf exception de première nécessité ou d’obligation de travail, muni de votre autorisation officielle (https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus ), vous ne pouvez mettre un pied hors de chez vous.

Alors que dans un premier temps certains ont pu prendre ça pour des vacances prolongées, d’autres se sont rapidement inquiétés des nombreuses conséquences sur leur travail, leur famille ou même leur santé mentale …

Plusieurs personnes m’ont demandé « mais toi, Jennifer, comment tu penses qu’on va s’en sortir APRÈS ? »

C’est indéniable, il y aura un avant et un après COVID-19, et ce à l’échelle mondiale.

Au niveau environnemental :

Le début des confinements (tous pays confondus) constitue un véritable répit pour les animaux : retour des poissons dans les canaux de Venise, des dauphins dans les eaux de Cagliani, retour des chants des oiseaux urbains en pleine journée, prolifération des amphibiens … sans parler des mesures votées par la Chine concernant la consommation et le commerce d’animaux sauvages !
Alors certes, notre réinvestissement des espaces post-confinement risque de remettre les choses à leur état pré-confinement (retour des animaux sauvages hors ville etc…) mais j’ai l’espoir que ces conséquences en auront fait réfléchir plus d’un sur l’impact que nous avons sur la faune. Une responsabilisation et sensibilisation est tout de même à prévoir avec, qui sait, peut-être encore plus de lois votées en faveur des droits des animaux ?
La forte diminution de la circulation a eu des impacts sur les animaux, oui ! Mais également sur la pollution atmosphérique.
Des réductions drastiques des taux en CO2 et NO2 dans les grandes villes internationales ont été reportées (exemples dans la région de Wuhan : https://earthobservatory.nasa.gov/images/146362/airborne-nitrogen-dioxide-plummets-over-china mais également en Italie : https://www.insu.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/coronavirus-baisse-de-la-pollution-en-chine-et-en-italie-vue-depuis-lespace-avec-iasi).
Ces diminutions de la pollution atmosphérique joueraient même un rôle dans la régénération de la couche d’ozone (déjà effective depuis une bonne dizaine d’années).

Autant dire que notre chère planète et sa faune profitent bien de notre confinement. À nous à présent d’en tirer les leçons et de permettre que ces changements perdurent dans le temps, bien après la fin de cette pandémie.

Au niveau sanitaire, économique et gouvernemental :

Les crises ont toujours représentées des moments cruciaux pour les gouvernements, notamment par leur gestion.

En France, soyons honnêtes, ça fait bien longtemps que les services hospitaliers réclament plus de moyens, d’écoute de la part des ministères concernés et de considération. Et nous voilà aujourd’hui au bord de ruptures de moyens matériels et humains. Alors bien-sûr, nous entendons toute la journée le soutien à nos héros et cela à toutes les sauces ! Mais à quoi ça sert, si des personnes continuent abusivement de sortir et faire fi du confinement, véhiculant et contaminant encore plus de monde ? À quoi ça sert si les moyens pour les aider ne sont pas débloqués ? Sans qu’il n’y ait de solidarité ?
Évidemment, vous me direz qu’il est facile de critiquer sans savoir. Bien-sûr, et je ne prêtant nullement pouvoir faire mieux que les instances actuellement aux commandes et en proies à la gestion de cette crise. Je pointe seulement du doigt des manquements, des problèmes …
Malgré tout ça je garde espoir quand je vois la mobilisation de certains pour aider les hôpitaux du mieux qu’ils peuvent : que ce soit dans la création de masques (respectant les normes sanitaires et de sécurité, je parle de masques efficaces et non de simples bandanas), en gardant leurs enfants, en ouvrant plus tard les commerces de premières nécessités, en leur apportant à manger … Je vois cet élan formidable d’humanité et oui, je garde espoir. J’espère même que les problèmes actuels feront réfléchir à une redéfinition des priorités nationales (quand on voit les budgets attribués ces dernières années à la santé et la recherche comparativement à d’autres …). J’ai aussi l’espoir que les citoyens conservent les gestes barrières qui devraient être la norme de l’hygiène (et pas uniquement en cas de pandémie) ! Éternuer dans sa main, se moucher dans le même mouchoir toute la journée et venir faire un gros câlin ensuite ne devrait même plus être envisageable après tout ceci. Du moins, je l’espère …

En ce qui concerne l’économie de notre beau pays, elle est bien évidemment ralentie et beaucoup s’alarment. Malgré les annonces faites par le gouvernement, les conditions d’accès aux aides financières d’aide aux entreprises restent bien strictes et heureuses les entreprises à pouvoir en bénéficier ( https://www.economie.gouv.fr/coronavirus-soutien-entreprises ). Nous n’allons pas nous le cacher : beaucoup déposeront le bilan.
Pourtant, je veux y voir l’occasion de repenser les choses, encore une fois. Déjà, en l’état actuel de confinement, nous est-il possible de redéfinir notre travail pour continuer d’exercer ? Nous adapter, en sommes, nous réinventer ? Je vois même là une occasion rêvée de se lancer dans des reconversions, pour ceux qui y pensaient déjà sans en avoir le courage ni l’occasion.
Je pense qu’une manière plus saine de gérer la situation économique va apparaître.
Et là aussi, je pense qu’une solidarité aux petites et moyennes entreprises va s’opérer, ne serait-ce aussi que par simple curiosité de pouvoir tester ces quelques commerces de quartiers que nous avons aperçu lors de nos promenades autorisées.
D’ailleurs, saviez-vous que les supermarchés se fournissent actuellement en local pour leurs fruits et légumes, réduction des transports l’obligeant ?

Toutes ces choses resteront bien en tête des gens à mon avis, bien que la ruée sur les magasins et commerces de grandes chaînes soit inévitable.

Et d’un point de vue gouvernemental … sans trop m’avancer, je pense que la suite des évènements et décisions qui en découleront influenceront largement les issues des prochaines élections (comme toujours me direz-vous).

Au niveau de notre consommation :

Avec la fermeture des commerces non-essentiels (Bars, restaurants, salles de cinéma, magasins …) notre consommation change du tout au tout !

Plus de shopping en ville, nous voilà « contraints » de nous contenter de nos vieux habits. Ou alors, si nous y tenons vraiment, commander en ligne mais même là, le service livraison est limité. L’aube d’une diminution de la frénésie d’achat dans l’industrie de la mode (et donc moins de consommation de coton par exemple, ce qui économise l’eau et … Oh ! Impact écologique bonjour !).
Avec les files d’attente devant les supermarchés, il faut vraiment avoir besoin de faire ses courses pour savoir patienter. L’occasion d’aller acheter ses légumes au primeur encore ouvert, libre de toute clientèle ? Ou bien d’acheter son pain à la boulangerie plutôt que de se battre pour un sachet de pain de mie dans les rayons dévalisés ?
Pour les plus fainéants, ces files d’attente sont une vraie aubaine pour consommer nos denrées jusqu’au bout avant de racheter : apprendre à cuisiner nos restes, faire nos fonds de placards …
Et plutôt que d’acheter encore et encore … En profiter pour passer à des objets durables (voir passer au zéro déchets !) : tondeuse ou épilateur électrique au lieu du rasoir et de ses lames jetables, emballages alimentaires en cire plutôt que le film plastique, disques démaquillants nettoyables plutôt qu’en coton, là encore jetables, etc …

Bon OK, dès la fin du confinement je retournerai dans un bar fêter ça avec des amis ! Mais consommer local et dans nos quartier sera, je pense, devenu plus commun.

Au niveau humain :

L’Homme est un animal social, c’est bien connu. Plus vous l’enfermez, plus il aura besoin de contacts, d’interactions.

Depuis ce confinement, nous sommes revenus pour beaucoup à nos contacts essentiels : nos proches RÉELS, au delà des effets « réseaux sociaux » et simples connaissances. Nous conservons des liens avec des personnes avec lesquels nous partageons des choses qui nous tiennent vraiment à cœur : des valeurs, des passions, des sentiments… J’ai la sensation qu’un grand tri s’opère.
Je vois aussi beaucoup d’initiatives de bienveillance, solidarité, humour, information … Je vois fleurir des contacts bien plus « humains », les voisins se parlent de balcons en balcons, la musique se diffuse, les sourires s’échangent … Et ça fait un bien fou !
De nombreux professionnels du sport, du spectacle, des thérapeutes et j’en passe proposent des alternatives lives, souvent gratuites pour continuer la diffusion de bien-être et divertissement. Ça aussi, ça fait chaud au cœur !

Évidemment, loin d’être idéaliste, je sais bien que la fin du confinement ramènera plus de timidité, d’intérêts dans nos rapports. Mais comme pour le reste, j’ai l’espoir que ces quelques comportements se transforment en habitudes et contribuent à la diffusion de bienveillance.

Petite parenthèse pour les professeurs de vos enfants d’ailleurs : j’ose espérer que maintenant que vous les avez avec vous à la maison, vous reconnaissez que ce n’est pas un métier de fainéant, n’est-ce pas ?

Au niveau bien-être individuel et familial:

Ce confinement, au-delà des restrictions de mouvements, nous offre un énorme cadeau : du temps pour soi.
Que nous soyons confiné seul ou à plusieurs, nous avons le temps d’enfin prendre le temps ! L’occasion rêvée pour faire toutes ces choses que nous repoussions toujours au lendemain : lire ce livre qui traîne sur la table de chevet depuis des mois, faire le tri dans nos armoires etc …
C’est également le moment idéal pour rééquilibrer son sommeil, son régime alimentaire, instaurer une pratique sportive …
Et pour les plus motivés : travailler sur soi, ses blessures profondes, méditer …
Et au niveau familial, il va sans dire que rester ensemble dans un espace clôt créé des liens (s’il vous faut encore des preuves je vous laisse aux diffusions des nombreuses TV-réalités ^^ ).

Il est indéniable que nous ressortirons tous différents, individuellement, de ce confinement. Quelque soit notre degré d’implication dans ce retour à soi et à la famille.


Au final vous l’aurez bien compris, ce confinement est pour moi une belle aubaine d’assainissement, remise à plat et en perspective des choses. De grandes richesses peuvent en être tirées, pourvu que nous maintenions les bons gestes, actes pour en faire des habitudes.

Jennifer

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