Le jour d’après


Histoires / mardi, février 18th, 2020

8h. Elle ouvrit les yeux. En découvrant l’heure, elle voulu se rendormir, rien qu’une heure de plus. Mais la lumière qui inondait déjà la pièce et son esprit éveillé ne lui en laissèrent pas le loisir. Bon, 5h de sommeil, ça paraissait raisonnable, elle dormirait plus ce soir.

En s’étirant elle fit le tour de ce qu’elle avait à faire aujourd’hui : aucune obligation, juste une soirée entre amis et encore, ça faisait longtemps qu’ils n’en avaient pas reparlé. Un sentiment de paix, sérénité emplit tout son être. Elle avait envie de se faire plaisir, un bon petit déjeuner avec du pain frais. Elle attrapa les vêtements de la veille jetés en vrac près du lit, ses chaussures puis passa la porte.

L’air frais vivifiant de cette belle journée d’hivers la mit en joie. Elle marcha d’un bon pas, sans musique, afin de pleinement profiter des sons de la ville, des bribes de conversations, du son du vent dans les arbres. À quelques mètres de la boulangerie, elle changea d’avis : pourquoi ne pas pousser la balade jusqu’au marché ? Elle acheta rapidement un croissant qu’elle grignota en poursuivant sa route.

C’est là qu’elle se rendit compte. Aujourd’hui, elle n’avait pas envie de voir du monde. Aujourd’hui, elle avait envie de se faire plaisir et de partager ces moments uniquement avec elle-même. Aujourd’hui était le premier jour depuis très longtemps où elle avait envie d’être seule.

Le soleil brillait dans un ciel sans nuages et lui chauffait doucement le visage. Partout où elle portait son regard, elle voyait la vie, la beauté. Elle sentait les odeurs d’épices, voyait les couleurs des étals des maraîchers, écoutait les éclats de voix des commerçants qui hélaient les passants.

Son regard sur la ville avait changé aussi. Elle se surprit à voir de nouveau les immeubles, les monuments, avec ses yeux de petite fille : admirative de leur beauté, leur immensité, leur histoire.

Elle comprit qu’aujourd’hui était un jour nouveau, loin de la tristesse passée, des aléas de sa vie. Elle comprit enfin le « ainsi soit-il », elle vivait le jour d’après.