Suivre son soleil


Histoires / jeudi, décembre 26th, 2019

J’ai mis longtemps à réaliser que j’avais besoin de soleil dans ma vie… beaucoup de soleils.

En tant que fille du sud, j’ai souvent été appelée la marseillaise. Plus jeune, j’étais très fière de contredire quiconque me le disait en prônant le fait que je sois Pertuisienne, née dans le Vaucluse. J’ai appris à nager dans un étang et non à la mer et les paysages de vignobles peuplent mes souvenirs d’enfance. J’ai mis du temps à admettre qu’en ayant vécu près de 24 ans sur Marseille, l’appellation Marseillaise était légitime. J’en ai mis encore plus à en être fière.

Il a fallu que je quitte cette ville pour réaliser mes racines de sudistes. J’ai découvert que j’avais un besoin vital de soleil. Il m’arrivait souvent, pendant mes pauses déjeuner, de m’asseoir avec mes amis au soleil le temps du café et simplement profiter de sa chaleur sur ma peau. Ou même alors simplement lors des premiers rayons de la journée qui touchaient ma peau.

Comme le dirait une amie chère, dans ces moments là, je fais ma photosynthèse. La plupart du temps, je me place face au bel astre et je ferme les yeux. Je profite à la fois de la lumière que je perçois à travers mes paupières closes, de la chaleur, du frisson parcourant mon corps mais aussi, plus bizarrement, de cette énergie qui semble venir me ressourcer. J’ai automatiquement ce sourire qui me vient aux lèvres et je peux rester ainsi de longues minutes.

J’ai récemment réalisé ce que représente ce soleil pour moi.

Ce soleil illustre mes objectifs les plus profonds, les plus absolus. Tel un papillon de nuit, je suis irrésistiblement attirée par sa lumière. Au cours de ces derniers mois, j’ai appris à suivre mon instinct, mon intuition, et donc à suivre ce soleil.

Pour commencer, j’ai compris que j’avais besoin de lui dans ma vie, au quotidien. Je ne pouvais décemment continuer à vivre sans, dans une ville qui pouvait parfois rester toute une semaine sans le dévoiler. L’appel du sud a été puissant et j’ai réalisé que je devais revenir à mes racines, à mon sud chéri.

Le soleil, c’est aussi un puissant souvenir d’enfance relié à ma mère disparue. Le jour de mes 18ans, je l’ai reçu en pendentif en ambre et l’affect que j’y ai associé est absolu. Ce pendentif est réapparu récemment dans ma vie, lorsque j’ai commencé à remettre ma carrière scientifique en question mais aussi quand je me suis intéressée aux mystères des énergies qui nous entourent. Encore aujourd’hui, je reste persuadée qu’il s’agit d’un puissant talisman, renfermant une partie de ma mère.

Je suis une personne très vivante, et le soleil, j’en ai également besoin dans ma vie sociale et sentimentale. J’ai ce besoin de chaleur dans mes rapports aux autres, ce besoin de vie, de lumière … Je suis attirée par les personnalités « solaires » et là aussi, je laisse mon instinct me diriger en ce sens. Pour autant, j’ai aujourd’hui appris à éviter de trop m’approcher des personnalités trop explosives, à éviter les éruptions solaires, les colères … Je recherche la joie de vivre, l’optimisme, la chaleur dans la voix, dans les expressions, les échanges passionnés, les étreintes bienveillantes et sincères …

Je suis moi-même une personne solaire, paraît-il. J’ai accepté ce statut et je rayonne, aujourd’hui, de ma propre lumière. Mon bonheur dépend de moi, bien qu’il puisse être alimenté par d’autres sources également.

J’ai donc appris à suivre mon instinct, mes envies et mes besoins. Je reconnais et marche aujourd’hui vers les soleils de ma vie.

C’est ainsi qu’aujourd’hui par exemple, jour de Noël, je me suis retrouvée à déambuler pendant près d’une heure dans les rues à la poursuite du soleil.

Au détour des rues, j’ai suivi les percées des rayons au travers des immeubles. Et doucement, je me suis retrouvée à marcher jusqu’aux plages. Il faisait frais et je n’étais clairement pas habillée en conséquence, mais le soleil continuait à me servir de guide. Je marchais vers lui et lui me gratifiait de sa chaleur douce. Je me sentais bien, heureuse, sereine. Je n’étais pas seule, je me sentais en présence d’un allié, d’un ami.

Et lorsque je fus enfin arrivée au bord de l’eau, pleine vue sur mon astre couchant à l’horizon, une sensation étrange s’est installée en moi. De la paix, de la joie, mais également un sentiment de tâche accomplie.

Peut-être avais-je simplement besoin de ce chemin, des pensées qui m’ont traversée tout au long de la route …

Bien que je ne sache pas à l’avance de quoi sera faite ma vie, je sais que je continuerai à suivre mes soleils. Mes alliés, mes guides.

Jennifer